International
Publié le
16/11/2025
Résultats ajustés
du 06/07/2026 à 16:13
Depuis toujours
Réponses
546
Oui
10%
Non
90%
La question du racisme occupe une place particulière dans le débat public français. Entre cadre législatif répressif, affaires récentes ayant alimenté les controverses et tensions autour de la notion de racisme systémique, elle engage à la fois des enjeux moraux, politiques et identitaires. Demander aux répondants sur Politês s'ils se considèrent eux-mêmes comme racistes, c'est sonder non seulement leurs convictions, mais aussi leur rapport à une norme sociale fortement ancrée. Le résultat global est net : 90 % des répondants indiquent ne pas se considérer comme racistes, tandis que 10 % répondent positivement. On est face à un consensus très large autour du rejet de cette étiquette, ce qui constitue en soi une donnée d'intérêt. Premier enseignement : un écart notable selon le genre. Les hommes sont 14 % à se déclarer racistes, contre 6 % des femmes. Cet écart, bien que portant sur de faibles proportions absolues, est proportionnellement significatif. Il pourrait suggérer des différences dans la façon dont hommes et femmes se rapportent à cette question, qu'il s'agisse de perceptions distinctes de leur propre comportement ou d'une sensibilité différenciée à la norme sociale associée au terme. Deuxième enseignement : une variation selon la catégorie socioprofessionnelle. Les inactifs sont 18 % à se déclarer racistes, contre 8 % pour les CSP+ et 6 % pour les CSP-. Cet écart entre inactifs et actifs invite à la prudence dans l'interprétation : la catégorie des inactifs est en effet très hétérogène, regroupant aussi bien des retraités que des étudiants ou des personnes sans emploi, ce qui rend toute conclusion hâtive peu fiable. Cela mérite néanmoins d'être relevé. Troisième enseignement : une légère variation régionale. Le Nord-Est affiche le taux le plus élevé parmi les grandes régions, avec 12 % de réponses positives, tandis que l'Île-de-France et le Sud-Est se situent entre 6 et 7 %. Ces écarts restent modestes et doivent être lus avec précaution, sans qu'il soit possible d'en tirer des conclusions définitives. Ces résultats s'inscrivent dans un contexte particulier : poser directement la question du racisme à titre personnel se heurte inévitablement à ce que les sciences sociales désignent comme un biais de désirabilité sociale. La norme antiraciste est fortement intégrée dans la société française, portée par un arsenal législatif dense depuis les années 1970 et relayée par de nombreuses institutions et associations. Il est dès lors probable que le chiffre de 10 % reflète davantage ceux qui acceptent ouvertement cette désignation, plutôt qu'une mesure exhaustive des attitudes discriminatoires réelles au sein de la population. Les résultats présentés ici sont redressés afin de mieux refléter la structure de la population française. Compte tenu de la sensibilité du sujet, l'effet de désirabilité sociale demeure une limite inhérente à ce type de question déclarative. Au-delà du chiffre brut, ce que révèle cette question, c'est peut-être autant la manière dont les Français se positionnent face à une norme sociale que leur rapport effectif aux discriminations. La question reste ouverte : comment mesurer des attitudes qui, par définition, résistent à l'autodéclaration ?
Générée automatiquement par IA, sans relecture humaine avant publication.
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