Sécurité et Justice
Publié le
06/06/2025
Résultats ajustés
du 29/06/2026 à 21:23
Depuis toujours
Réponses
525
Oui
76%
Non
19%
Ne sais pas
5%
La surpopulation carcérale est l'un des défis structurels les plus documentés de la politique pénale française. Avec un taux de densité carcérale qui dépasse 135 % en moyenne nationale et des établissements atteignant localement le double de leur capacité, la question de la construction de nouvelles places de prison cristallise un débat opposant urgence pratique et remise en cause des fondements de la politique d'incarcération. Face à cette réalité, les Français interrogés sur Politês se prononcent de façon nette. Trois quarts des répondants (76 %) se déclarent favorables à la construction de nouvelles places en prison pour lutter contre le surpeuplement carcéral, contre 19 % qui s'y opposent et 5 % qui ne se prononcent pas. On est en présence d'une adhésion majoritaire et stable, sans signe de polarisation marquée. Premier enseignement : un écart de genre notable. Les hommes soutiennent cette proposition à 83 %, contre 70 % pour les femmes, soit un écart de 13 points. Cet écart pourrait refléter des sensibilités différentes face à la question sécuritaire, ou une perception distincte de ce que recouvre concrètement la construction de prisons, sans qu'il soit possible d'en déterminer la cause précise à partir des seules données disponibles. Deuxième enseignement : un creux générationnel chez les 25-34 ans. Cette tranche d'âge enregistre le taux d'adhésion le plus bas (64 %) et le taux d'opposition le plus élevé (26 %), loin des 84 % observés chez les 50-64 ans. C'est également dans cette tranche que l'indécision est la plus forte (10 %). Cet écart pourrait aller dans le sens d'une sensibilité plus critique aux alternatives à l'incarcération chez les jeunes adultes, sans que cette hypothèse puisse être confirmée par les seules données disponibles. Troisième enseignement : une légère modulation selon la catégorie socioprofessionnelle. Les CSP+ soutiennent la mesure à 73 %, contre 79 % pour les CSP-. Cet écart de six points, sans être spectaculaire, pourrait indiquer que les catégories socioprofessionnelles supérieures sont proportionnellement plus réservées, peut-être en raison d'une exposition plus grande aux débats d'experts sur l'efficacité de la politique carcérale — une hypothèse qui, là encore, ne peut être établie à partir des seuls chiffres. Ces résultats s'inscrivent dans un contexte de tension entre deux approches. D'un côté, un programme gouvernemental de construction de 15 000 places nettes, dont la Cour des comptes décrit la mise en œuvre comme laborieuse : seulement un tiers des places avait été livré sept ans après son lancement. De l'autre, des voix expertes, associatives et institutionnelles qui soulignent que l'augmentation des capacités carcérales pourrait produire un effet d'appel d'air — c'est-à-dire une augmentation parallèle du nombre de condamnations à des peines d'emprisonnement — sans résoudre durablement le surpeuplement. Les résultats présentés sont redressés pour refléter la population française dans son ensemble, ce qui renforce leur robustesse. En définitive, la construction de places en prison recueille un soutien large et transversal parmi les répondants, y compris dans les segments traditionnellement les plus critiques à l'égard des politiques sécuritaires. Ce résultat pose une question de fond : dans quelle mesure l'opinion publique distingue-t-elle la construction de places comme réponse d'urgence à une crise humanitaire documentée de la question plus large de l'orientation de la politique pénale ?
Générée automatiquement par IA, sans relecture humaine avant publication.
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