Vie Pratique et Consommation

Publié le

22/10/2025

Penses‑tu que la société nous pousse à désirer ce que l’on n’a pas besoin ?

Résultats ajustés

du 31/10/2026 à 13:10

Depuis toujours

Réponses

704

Oui

93%

Non

5%

Ne sais pas

2%

Synthèse des résultats

La question du rapport entre société et désir touche à l'un des débats les plus structurants de nos sociétés contemporaines : dans quelle mesure les logiques économiques et culturelles façonnent-elles ce que nous croyons vouloir ? Derrière cette interrogation, c'est la question de l'autonomie individuelle face aux mécanismes de la consommation qui se pose. Les résultats recueillis par Politês sont frappants par leur homogénéité. Neuf répondants sur dix estiment que la société pousse effectivement à désirer ce dont on n'a pas besoin, soit un taux d'adhésion de 93 %. Seuls 5 % répondent non, et 2 % déclarent ne pas savoir. On est ici face à un consensus qui traverse l'ensemble de la population interrogée, sans clivage notable selon le genre, l'âge ou la catégorie socioprofessionnelle. Premier enseignement : la convergence des générations. Toutes les tranches d'âge franchissent le seuil des 90 %, des 15-17 ans (90 %) aux 25-34 ans (92 %) en passant par les 35-49 ans (93 %). Ce résultat pourrait suggérer que la perception d'une société qui fabrique des désirs artificiels n'est pas l'apanage d'une jeunesse sensibilisée aux questions de consommation ou d'une génération plus âgée portée sur la nostalgie, mais bien un sentiment partagé sur l'ensemble du spectre générationnel. Deuxième enseignement : une adhésion légèrement plus marquée chez les femmes. Les répondantes affichent un taux de 95 % contre 92 % chez les hommes. L'écart est modeste et invite davantage à noter une nuance qu'à en tirer des conclusions fermes ; il pourrait néanmoins aller dans le sens d'une sensibilité légèrement différenciée aux injonctions sociales selon le genre. Troisième enseignement : l'homogénéité socioprofessionnelle. Que l'on soit CSP+ (94 %), CSP- (92 %) ou inactif (95 %), le constat est identique. Cela pourrait suggérer que la critique de la société de consommation n'est pas corrélée au niveau de ressources ou à la position dans le marché du travail : elle semble traverser l'ensemble des milieux sociaux. Ce résultat s'inscrit dans un contexte intellectuel et culturel où les critiques de la société de consommation ont progressivement imprégné le débat public. Depuis les années 1950, des penseurs — parmi lesquels John Kenneth Galbraith ou Vance Packard — ont analysé les mécanismes par lesquels la publicité et le marketing ne se contentent pas de répondre à des besoins, mais contribuent à en créer de nouveaux. Des travaux en psychologie, notamment ceux associés à la théorie de l'adaptation hédonique, ont mis en évidence que le bien-être subjectif ne croît pas nécessairement avec l'accumulation de biens, une fois les besoins essentiels satisfaits. Plus récemment, les préoccupations écologiques ont renforcé l'idée que la stimulation artificielle du désir produit des effets qui dépassent la sphère individuelle. Ce corpus de réflexions, aujourd'hui largement diffusé, pourrait contribuer à expliquer l'ampleur de cette adhésion. Les résultats présentés sont redressés pour refléter au mieux la population française, ce qui renforce leur solidité interprétative. Au fond, ce qui ressort de ces données, c'est moins une surprise que la confirmation d'un regard critique largement partagé sur les ressorts de la société de consommation. La question qui reste ouverte est celle du passage entre ce constat et les comportements réels : entre la conscience d'un mécanisme et la capacité à s'en affranchir, quelle distance les Français perçoivent-ils ?

Générée automatiquement par IA, sans relecture humaine avant publication.

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