Culture et Loisirs
Société
Vie Pratique et Consommation
Publié le
20/10/2025
Résultats bruts
du 15/06/2026 à 20:18
Depuis toujours
Réponses
7604
Pour
10%
Contre
86%
Sans opinion
4%
La question du recours à l'intelligence artificielle pour doubler films et séries en version française s'inscrit dans un débat plus large sur la place de la technologie dans les métiers artistiques. Pour les comédiens de doublage, dont le travail repose sur une identité vocale singulière, l'enjeu est à la fois professionnel et symbolique. Le résultat enregistré sur Politês est d'une grande netteté : 86 % des répondants se déclarent contre l'utilisation de voix IA pour le doublage, contre seulement 10 % qui y sont favorables. Les sans-opinion ne représentent que 4 % des répondants. Ce niveau de rejet, quasi homogène sur l'ensemble des segments, constitue l'enseignement central de cette consultation. Le premier enseignement concerne la dimension de genre. L'opposition au doublage IA est plus prononcée chez les femmes (92 % contre) et les personnes non binaires (93 % contre) que chez les hommes (83 % contre). Ces derniers concentrent par ailleurs la quasi-totalité des avis favorables (12 % pour, contre 5 % chez les femmes). Cet écart pourrait suggérer des sensibilités différenciées quant aux enjeux culturels et artistiques portés par cette question, sans qu'il soit possible d'en identifier la cause avec certitude. Le deuxième enseignement porte sur l'âge. On observe un gradient progressif : les répondants de 15 à 24 ans affichent le rejet le plus fort (90 à 91 % contre), tandis que les 35-49 ans et les 50-64 ans se montrent légèrement plus ouverts, avec respectivement 13 % et 17 % d'opinions favorables. Contrairement à ce que l'on pourrait intuitivement attendre, ce ne sont pas les générations les plus jeunes, pourtant réputées plus familières des usages numériques, qui se montreraient les plus réceptives à cette technologie. Sur le plan socioprofessionnel, les CSP+ expriment un rejet légèrement moins systématique (82 % contre, 12 % pour) que les CSP- (89 % contre, 7 % pour) ou les inactifs (89 % contre, 8 % pour). Cet écart reste modeste et ne remet pas en cause la tendance dominante. Ces résultats peuvent être lus à la lumière d'un contexte où la mobilisation des professionnels du doublage est visible et documentée. En France, une pétition lancée début 2024 par le Syndicat Français des Artistes interprètes a recueilli plus de 50 000 signatures, et plusieurs comédiens ont engagé des actions juridiques contre des entreprises accusées de cloner leurs voix sans consentement. Le débat autour du cadre légal, encore insuffisamment défini face aux usages de l'IA générative, alimente une préoccupation qui dépasse les seuls professionnels du secteur et semble avoir diffusé plus largement dans l'opinion. Au-delà des chiffres, ce résultat témoigne d'un attachement fort à la dimension humaine du doublage, perçu comme un acte artistique à part entière. La question qui reste ouverte est celle de savoir si ce rejet s'étendrait à toute forme d'usage de l'IA, ou s'il existerait des conditions — notamment en matière de consentement et de rémunération des artistes — sous lesquelles une partie de l'opinion pourrait évoluer.
Générée automatiquement par IA, sans relecture humaine avant publication.
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