Politique
Société
Publié le
18/03/2026
Résultats ajustés
du 25/07/2026 à 06:59
Depuis toujours
Réponses
1577
Oui
72%
Non
21%
Ne sais pas
7%
La politique divise-t-elle jusqu'aux amitiés ? La question posée aux répondants sur Politês touche à quelque chose d'intime : la capacité à maintenir des liens personnels par-delà les clivages partisans. Dans un contexte où les fractures politiques semblent s'approfondir, cette interrogation prend une résonance particulière. Les résultats sont nets. Sept Français sur dix, soit 72 %, déclarent qu'ils pourraient être amis avec une personne du bord politique opposé au leur. Seul un cinquième des répondants, 21 %, répondent par la négative, tandis que 7 % expriment une indécision. On est donc face à une adhésion majoritaire, qui coexiste avec une minorité significative et résolue dans son refus. Premier enseignement saillant : un écart notable selon le genre. Les hommes se déclarent ouverts à cette idée à 81 %, contre 66 % chez les femmes, soit un différentiel de 15 points. Symétriquement, le refus est plus marqué chez les femmes, à 25 %, que chez les hommes, à 16 %. Cet écart invite à la prudence dans l'interprétation ; il pourrait suggérer que les femmes entretiennent un rapport plus engagé ou plus identitaire à leurs convictions politiques, ou encore qu'elles percevraient davantage les divergences politiques comme des incompatibilités de valeurs profondes. Deuxième enseignement : une progression de l'ouverture avec l'âge. Les 15-17 ans sont les moins enclins à cette amitié trans-partisane, avec 61 % de réponses favorables, contre 80 % chez les 50-64 ans et 83 % chez les 65 ans et plus. Le refus chez les plus jeunes atteint 32 %, soit le double de celui observé chez les seniors. Cela pourrait aller dans le sens d'une politisation plus intense et plus identitaire à l'adolescence, un âge où les appartenances et les convictions se construisent et peuvent être vécues de manière plus absolue. Troisième enseignement : les inactifs se distinguent légèrement, avec 78 % de réponses positives, contre 73 % pour les CSP+ et 66 % pour les CSP-. L'écart entre catégories socioprofessionnelles reste mesuré ; il pourrait indiquer que l'intensité des enjeux économiques, vécus différemment selon le positionnement social, colorerait la perception des différences politiques. Ces résultats méritent d'être lus à la lumière d'un contexte documenté. Plusieurs enquêtes d'opinion et travaux académiques, notamment ceux du Cevipof sur la défiance politique en France, décrivent une polarisation croissante accompagnée d'une défiance accrue envers les institutions. Dans ce cadre, la majorité qui se dit ouverte à l'amitié inter-partisane pourrait indiquer que le lien social conserve une relative autonomie par rapport aux clivages politiques. La recherche souligne par ailleurs que ces amitiés, qualifiées de rares dans les sociétés polarisées, peuvent jouer un rôle apaisant dans un climat de tensions. Les résultats présentés ici sont redressés pour refléter la population française dans sa diversité. Au fond, ce que ces chiffres esquissent, c'est une société où la politique n'aurait pas encore totalement investi le champ des relations personnelles. Mais la part non négligeable de refus, notamment chez les plus jeunes, pose une question ouverte : à mesure que les identités politiques se renforcent, cette ouverture restera-t-elle stable ?
Générée automatiquement par IA, sans relecture humaine avant publication.
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