Sécurité et Justice

Société

Publié le

03/04/2026

Avez-vous peur de vous promener seul/e le soir dans la rue ?

Résultats ajustés

du 04/10/2026 à 03:17

Depuis toujours

Réponses

526

Oui, toujours.

16%

Oui, ça m’arrive.

51%

Non, jamais.

33%

Synthèse des résultats

Se sentir en sécurité dans l'espace public la nuit est une préoccupation qui traverse toutes les sociétés. La question posée touche à quelque chose d'intime : la façon dont chacun habite ou évite l'espace urbain nocturne, et la manière dont cette expérience peut différer profondément selon qui l'on est. La première donnée qui retient l'attention est l'ampleur du phénomène : les deux tiers des répondants interrogés sur Politês déclarent avoir, toujours ou parfois, peur de se promener seuls le soir dans la rue. Plus précisément, 16 % répondent « oui, toujours » et 50 % « oui, ça m'arrive », soit 66 % au total. Seul un tiers (34 %) dit n'avoir jamais cette peur. On n'est donc pas face à une préoccupation minoritaire, mais à une expérience que partage une large majorité. Le premier enseignement majeur est l'écart très net entre les hommes et les femmes. Parmi les femmes, 88 % déclarent avoir peur, toujours ou parfois, contre 43 % parmi les hommes. Inversement, 57 % des hommes répondent « non, jamais », contre seulement 12 % des femmes. Cet écart est de loin le plus structurant de l'ensemble des résultats, et il suggère que la peur de l'espace public nocturne est vécue de façon très inégale selon le genre. Pour les femmes, cette peur est quasi universelle dans l'échantillon ; pour les hommes, elle reste présente mais minoritaire. Le deuxième enseignement concerne l'âge. On observe une tendance assez nette : la peur est davantage exprimée par les plus jeunes. Les 15-17 ans sont les plus nombreux à déclarer avoir « toujours » peur (26 %), contre 8 % chez les 65 ans et plus. La proportion de ceux qui n'ont « jamais » peur augmente avec l'âge, passant de 34 % chez les 15-17 ans à 51 % chez les 50-64 ans. Cela pourrait suggérer que l'expérience accumulée, la familiarisation avec l'environnement nocturne, ou encore des trajectoires de vie différentes jouent un rôle dans la perception du risque. Un troisième point mérite attention : les catégories socioprofessionnelles moins favorisées (CSP-) expriment plus fortement cette peur. Parmi elles, 25 % déclarent avoir « toujours » peur, contre 11 % chez les CSP+. La proportion de ceux qui ne ressentent « jamais » cette peur est également nettement plus faible chez les CSP- (26 %) que chez les CSP+ (35 %). Ces résultats pourraient s'inscrire dans un contexte où l'environnement résidentiel, les conditions de déplacement et l'exposition à certaines situations varient selon le niveau socioéconomique. Ces résultats peuvent être mis en perspective avec un débat de fond sur la place des femmes dans l'espace public nocturne, documenté bien au-delà des frontières françaises. La revendication du droit à marcher seule la nuit, portée par des mouvements féministes dans plusieurs pays, rappelle que cette peur n'est pas seulement un ressenti individuel, mais aussi un enjeu collectif lié à l'égalité et à l'aménagement du territoire. Le lien entre urbanisme, éclairage public et sentiment de sécurité est par ailleurs régulièrement soulevé dans les débats sur les politiques locales de sécurité. Ce que ces chiffres montrent, au fond, c'est que la peur de la rue le soir est une réalité partagée mais vécue de façon très différente selon le genre, l'âge et le milieu social. La question qui demeure ouverte est celle des leviers — collectifs ou individuels — susceptibles de réduire cet écart d'expérience dans l'espace public.

Générée automatiquement par IA, sans relecture humaine avant publication.

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