Économie
Politique
Société
Publié le
20/10/2025
Résultats bruts
du 25/07/2026 à 15:22
Depuis toujours
Réponses
2493
Oui
93%
Non
7%
La question des inégalités économiques occupe une place centrale dans le débat public français depuis plusieurs décennies. Au-delà des données statistiques, c'est la perception qu'en ont les citoyens qui structure largement les demandes sociales et les orientations politiques. Interroger les Français sur leur ressenti quant à l'évolution de ces inégalités permet de mesurer un état d'esprit collectif autant qu'une lecture de la réalité. Le résultat est d'une netteté peu commune : 93 % des répondants estiment que les inégalités entre riches et pauvres augmentent, contre seulement 7 % qui ne le pensent pas. On se trouve ici face à un niveau de consensus rarement observé sur une question de société, quelle que soit la manière dont on découpe la population interrogée. Premier enseignement, le genre introduit l'une des variations les plus marquées de cette enquête. Les femmes expriment cette perception à hauteur de 97 %, soit un écart de 7 points avec les hommes (90 %). Les personnes s'identifiant comme non binaires atteignent 98 %. Ces écarts pourraient suggérer que les femmes, plus exposées à certaines formes de précarité et aux inégalités salariales, ressentent de manière plus directe les effets des écarts économiques, même si cette lecture reste conditionnelle. Deuxième enseignement, les variations selon l'âge sont réelles mais contenues. Les 35-49 ans affichent le taux le plus élevé (95 %), tandis que les 65 ans et plus se situent légèrement en retrait (87 %). Cette différence pourrait refléter des expériences générationnelles distinctes : les générations actives, confrontées au marché du travail contemporain et aux difficultés d'accès au logement, pourraient percevoir les inégalités comme plus saillantes que les générations plus âgées, qui ont connu d'autres configurations économiques. Troisième enseignement, les catégories socioprofessionnelles confirment la quasi-unanimité : les CSP- répondent oui à 95 %, les CSP+ à 93 %, et les inactifs à 91 %. L'absence de clivage net entre catégories favorisées et défavorisées sur cette question est en elle-même significative : la perception d'un creusement des inégalités semble transcender les appartenances sociales. Mis en perspective, ce résultat s'inscrit dans un contexte documenté par plusieurs institutions. L'Observatoire des inégalités et l'Insee pointent, depuis les années 1980, une tendance lente mais persistante à l'accroissement des écarts de patrimoine et, dans une moindre mesure, de revenus. La concentration du patrimoine — les 10 % les plus fortunés détenant près de la moitié du patrimoine total selon les données de l'Insee —, ainsi que des phénomènes tels que la précarité au travail ou les écarts de rémunération entre femmes et hommes, constituent un contexte susceptible de nourrir cette perception collective. Les débats politiques récurrents autour de la fiscalité, de la redistribution ou du retour éventuel d'un impôt sur la fortune témoignent également de la place que tient ce sujet dans l'espace public. Au-delà des chiffres recueillis par Politês, c'est la quasi-universalité de cette conviction qui retient l'attention. Lorsqu'une perception traverse l'ensemble des catégories sociales, des générations et des tranches d'âge avec une telle constance, elle dit quelque chose de profond sur l'état du lien social et sur les attentes vis-à-vis des politiques publiques. La question qui reste ouverte est de savoir si cette convergence de perception se traduit, ou non, par une convergence des réponses souhaitées.
Générée automatiquement par IA, sans relecture humaine avant publication.
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