Société
Vie Pratique et Consommation
Publié le
23/10/2025
Résultats bruts
du 05/10/2026 à 21:03
Depuis toujours
Réponses
4464
Oui
7%
Non
88%
Sans opinion
5%
L'expression « ma femme » appartient au langage courant en France pour désigner son épouse. Elle suscite pourtant des débats linguistiques et sociétaux de plus en plus vifs, notamment autour de la connotation possessive que certains lui prêtent, à l'heure où les questions de langage inclusif et de représentation de genre occupent une place croissante dans le débat public. Les résultats recueillis sur Politês sont nets : une très large majorité des répondants, 88 %, ne trouvent pas que cette expression soit dégradante. Seuls 7 % l'estiment dégradante, et 5 % se déclarent sans opinion. Le consensus est donc très marqué, quelle que soit la façon dont on aborde les données. Trois enseignements méritent d'être soulignés. Le premier porte sur le genre. Les personnes s'identifiant comme non binaires se distinguent nettement des autres répondants : 15 % d'entre elles considèrent l'expression dégradante, contre 6 % chez les hommes et 8 % chez les femmes. Ce segment exprime également davantage d'indécision, avec 16 % de sans-opinion. Cet écart pourrait suggérer une sensibilité plus prononcée aux enjeux de langage et de représentation de genre parmi les personnes non binaires, même si la taille réduite de cet effectif invite à la prudence dans l'interprétation. Deuxième enseignement : un léger gradient selon l'âge. Ce sont les répondants les plus âgés qui jugent le plus souvent l'expression dégradante, avec 12 % chez les 50-64 ans et 13 % chez les 65 ans et plus, contre 5 % seulement chez les 25-34 ans. Ce résultat va à rebours d'une intuition courante qui associerait les préoccupations relatives au langage sexiste aux générations plus jeunes. On peut émettre l'hypothèse que les jeunes générations entretiennent une familiarité moins critique avec cette formulation, perçue comme banale et dénuée de connotation particulière, là où certaines générations plus âgées pourraient être davantage sensibles à son étymologie et à son histoire. Troisième enseignement : les différences socioprofessionnelles et régionales sont faibles. Les CSP- rejettent la qualification de dégradante à 91 %, les CSP+ à 88 %. Les écarts régionaux sont tout aussi ténus, oscillant entre 6 % et 9 % selon les zones, sans tendance claire. Ces résultats invitent à une mise en perspective. Le terme « ma femme » est historiquement associé à une conception du mariage dans laquelle l'adjectif possessif pouvait renvoyer à une forme de propriété sur la personne. Les débats contemporains portés par les mouvements féministes et les réflexions sur le langage inclusif ont remis cette dimension en question. Pourtant, pour l'écrasante majorité des répondants, cet usage semble avoir largement perdu ces connotations dans le langage quotidien, ou du moins ne plus être perçu comme une marque de dégradation. Les résultats étant bruts et non redressés, une certaine prudence s'impose dans leur interprétation, en particulier sur les segments de plus petite taille. Au fond, ce résultat illustre l'écart qui peut exister entre les débats intellectuels ou militants sur le langage et les perceptions effectives de la population. La question de savoir si cet écart est appelé à se réduire, à mesure que les sensibilités évoluent, reste ouverte.
Générée automatiquement par IA, sans relecture humaine avant publication.
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